Lorsqu’on commence à retenir les noms

Lorsque j’étais enfant, j’avais un petit poste de radio antidéluvien monophonique que j’écoutais pendant des heures.

A l’époque, je me souviens que le son qui sortait de ce petit haut-parleur nasillard était pour moi une sorte de flux indéfini. Je pouvais faire la distinction entre deux stations de radio mais certainement pas identifier deux morceaux. C’était juste « de la musique ».

Très tôt, je me suis rendu compte que je préfèrais une chanson à une autre. Afin de pouvoir en parler avec mes copains à la récré, j’ai commencé à me concentrer sur les noms des groupes et j’ai ainsi su que j’aimais la musique de The Cure ben plus que celle de than Samantha Fox.

Parce que j’en connaissais les noms, il m’était possible de trouver les disques à la médiathèque, d’en discuter avec mes copains, qui à leur tour me suggéraient d’autres groupes. Je pouvais lire Rock and Folk our les Inrocks et apprendre des détails sur Joy Division et Tony Wilson. Et parce que je savais qui était Tony Wilson, j’ai pu bientôt découvrir les autres groupes qui se produisaient à l’Haçienda de Manchester.

J’apprenais. Mieux et plus rapidement.

Nommer les choses est le premier pas pour les penser.

Tout ceci peut paraître tout à fait évident mais il est en fait assez courant de ne pas retenir les noms.
Je ne connais pas un seul nom de joueur de foot américain. Parce que je te tape du foot américain. Et ça me va. On ne peut pas s’intéresser à tout ni tout connaître.

Mais si vous vous intéressez à un domaine particulier, je vous suggère vivement d’essayer d’apprendre qui en sont les acteurs. Et c’est valable pour le code et l’informatique en général.

Il est très facile d’aborder le code uniquement par la pratique, en évitant d’y réfléchir. Il y a déjà trop à faire, trop à apprendre. Pourquoi irai-je faire l’effort d’apprendre qui a fait ou fait des choses sur le sujet ?

Parce que cela aide à penser.

Par exemple, comment répondre à une question courante comme « Devrais-je utiliser des tests unitaires » ?

Si vous n’en utilisez pas déjà, vous allez sauter sur le premier article qui indiquera que les tests unitaire ne sont pas si nécessaires que çà et que dans la vraie vie, on peut la plupart du temps s’en dispenser.
Vous le ferez parce que le comportement humain normal est

  • d’avoir peur du changement
  • d’être faignant

Et vous êtes humain.

Mais si vous savez que Joel Spolsky, bien qu’étant un excellent blogger avec du style et un guru du management en dévelopmment, ne code plus depuis longtemps déjà et a souvent tendance à se faire l’avocat du diable, il est possible que vous reconsidériez votre position et que vous alliez chercher l’avis de vrais codeurs reconnus.

Et si vous le faites, vous écrirez des tests unitaires.

Personnellement, j’en suis encore au tout début de ce processus. Il me reste une ENORME quantité de noms à apprendre, de relations à construire et, bien sûr, de choses à apprendre.

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